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Novarc tourne la page du capital-investissement, ouverte il y a deux décennies. L’industriel drômois qui fabrique des équipements de sécurité électrique, pour les réseaux et des produits pour l’entretien automobile est repris par la famille fondatrice. Déjà détenteurs de 70,7 % du capital, Frédéric Croullet et sa famille rachètent les parts détenues depuis 2021 par Capza (12,6 % des titres), Bpifrance (4,2 %), BNP Paribas Développement (3,3 %) et Casra Capital (0,3 %). Le solde de près de 10 % est entre les mains des collaborateurs, dont une grande partie est au capital notamment via un FCPE, et le management emmené par Jean-Noël Rey. « Dans une optique de transmission générationnelle, la famille souhaitait reprendre la pleine possession du capital pour organiser librement ce passage de témoin, explique Guillaume Basquin, associé et responsable de CAPZA Flex Equity Mid-Market. De notre côté, c’était le bon moment pour réaliser notre investissement, puisque Novarc a plus que doublé de taille depuis notre entrée. Nous nous sommes entendus sur un prix d’équilibre permettant à la famille de financer cette reprise avec ses partenaires bancaires historiques et à nous d’enregistrer une performance en ligne avec le parcours de la société. »
Près de 500 M€ de chiffre d’affaires en 2025
Les parties ne dévoilent pas la valorisation retenue dans le cadre de cette opération conclue de manière bilatérale. Elle aurait cependant doublé par rapport au prix de 2021, qui était de l’ordre de 250 M€, selon nos informations. Ce changement d’échelle reflète la progression des revenus sur la période. Le chiffre d’affaires serait passé de 217 M€ en 2021 à un montant attendu entre 450 M€ et 500 M€ pour 2025. Durant cette période, l’Ebitda aurait bondi de 27 M€ à environ 55 M€ aujourd’hui, a-t-on appris. Cette croissance a tant été organique qu’externe. Sur ses développements internes, Novarc a pu surfer sur l’électrification de l’économie en sortant environ 15 % de nouveaux produits. Cela a permis de dynamiser ses trois divisions : Safety (équipements de sécurité pour la construction et la maintenance de lignes électriques), Motion & Industry (produits chimiques pour l’entretien automobile et les applications industrielles) et Networks (équipements pour les réseaux électriques, ferroviaires et télécoms). Sur les build-up, une dizaine d’acquisitions ont été conclues ces quatre dernières années.
Vers un nouveau doublement de taille ?
« Lorsque nous sommes entrés au capital en 2021, en tant qu’investisseur minoritaire de référence, l’objectif était d’accompagner le groupe dans son développement, notamment à l’international, résume Guillaume Basquin. Nous avons mobilisé nos réseaux en nous appuyant sur nos implantations européennes afin d’aider la famille et le management à sourcer, analyser, négocier et conclure des acquisitions en Espagne, en Italie ou encore en Allemagne. » Employant aujourd’hui plus de 2 000 collaborateurs dans le monde, Novarc a récemment lancé un nouveau plan stratégique nommé Cap 2030. Celui-ci pourrait permettre au groupe de doubler encore une fois de taille avec en ligne de mire la neutralité carbone pour 2035. Cette feuille de route va donc être déroulée de manière indépendante, après avoir été accompagnée par des fonds depuis 2006 et l’entrée d’Edrip (devenu Andera) en tant que minoritaire. L’industriel drômois affichait alors 60 M€ de revenus. L’investisseur avait ensuite passé le relais, en 2012 à Axa Private Equity (Ardian) et CDC Entreprises (Bpifrance). Le second est depuis resté au capital, alors que le premier des deux était sorti en 2015 au profit d’Amundi PEF, entouré de BNP Paribas Développement et Casra Capital.








