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MASA change de commandement. L’entreprise parisienne d’édition de logiciels de simulation d’entraînement pour les armées et la sécurité civile est acquise par Nicolas Walewski, via son family office luxembourgeois CDE SA. Descendant de Napoléon Bonaparte et co-fondateur d’Alken AM, l’homme d’affaires enrichit ainsi son portefeuille de participations dans l’univers de la défense, comprenant notamment l’armurier allemand Heckler & Koch. Il valoriserait MASA entre 60 M€ et 80 M€, selon nos informations. Il s’empare ici d’une société basée à Paris forte d’environ 15 M€ de chiffre d’affaires pour un Ebitda qui serait compris entre 6 M€ et 7 M€. Celle-ci était jusque-là détenue par Albarest Partners, qui avait mené son spin-off de la holding industrielle Talis en 2022. L’investisseur lyonnais prenait alors le contrôle d’une entreprise affichant 7 M€ de revenus pour quelque 2 M€ d’Ebitda, sur la base d’une valorisation de 15 M€ à 20 M€. Il s’associait à l’époque à Definvest, géré par Bpifrance, et au management emmené par Marc de Fritsch.
40 % des revenus générés à l’international
« Nous étions régulièrement sollicités, donc, dès la sécurisation de contrats importants en France, comme Taran avec la DGA, et à l’international, nous avons jugé qu’il était temps de passer le relais », cadre Édouard Malandrin, président d’Albarest Partners. MASA a, en effet, convaincu le ministère tricolore des armées dans le cadre du programme à effet majeur (PEM) de 100 Md€ lié à la loi de programmation militaire 2024-2030. Cet accord prévoit de fournir aux états-majors un logiciel de simulation et d’aide à la décision s’appuyant sur l’IA propriétaire de l’entreprise. Par ailleurs, la PME employant 45 collaborateurs a également récemment signé des contrats avec des armées au Royaume-Uni, aux États-Unis ou encore aux Émirats Arabes Unis, avec désormais 40 % de ses revenus générés à l’international. Ses actionnaires ont donc mandaté Alantra pour remettre à plat le capital. « Le processus de vente a été très animé par des industriels et des fonds, poursuit Édouard Malandrin. C’est finalement une voie hybride qui a été retenue avec Nicolas Walewski. Il permet au management de réinvestir dans un schéma de LBO, en laissant à l’entreprise une forte autonomie, mais apporte tout son réseau et sa galaxie de participations dans le secteur pour aider MASA à maintenir le cap de sa croissance. »
Forte récurrence des revenus
La solution de la société est déjà utilisée dans 25 pays, mais elle dispose encore d’importants réservoirs de croissance. Elle ne peut être déployée sur un modèle SaaS pour des raisons de confidentialité, mais elle générerait malgré tout près de la moitié de ses recettes de manière récurrente. Au-delà des débouchés militaires, sa solution est utilisée pour des applications civiles (environ 10 % du chiffre d’affaires), comme pour préparer des exercices d’évacuation ou de sécurisation de sites sensibles. « Spin-off de l’ENS, MASA est propriétaire d’une IA s'appuyant sur un algorithme de prédiction des comportements. La société a durant longtemps été peu ou pas rentable, car, malgré une technologie de pointe, elle manquait d’une colonne vertébrale commerciale. Arrivé aux commandes deux ans avant nous, Marc de Fritsch a su structurer l’entreprise et lui permettre de trouver de nouveaux débouchés, grâce à sa maestria professionnelle et humaine. Aux côtés de Definvest, nous l'avons accompagné, ainsi qu'une dizaine de cadres clés, dans leur entrée au capital et leur projet de développement », éclaire Édouard Malandrin. Cette deuxième sortie du fonds Albacap 1, fort de 12 lignes, permet au gérant d’afficher un DPI de 0,6 sur ce véhicule. De quoi dynamiser la fin de la levée d’Albacap 2, déjà doté d'un peu plus de 100 M€ sur les 115 M€ ciblés.








