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Ci-gît le capital-retournement Accès libre


| 731 mots

Je ne sais pas si vous êtes allés à la dernière réunion de l'Afic sur l'activité des acteurs du capital-investissement en 2012. Moi j’en suis ressorti abasourdi par un chiffre. Montant des capitaux levés par le Capital-Retournement en 2012 : 0 M€ !!! ZERO ! Rien ! Zilch ! Nada ! Circulez, il n’y a rien à voir !

La France du retournement et du redressement productif peut célébrer ce chiffre, il n’y a plus de problème puisque déjà il n’y a plus besoin d’y mettre d’argent.

D’ailleurs, on le savait bien. Depuis quelques mois, de nombreux fonds dits « de retournement » avaient ralenti leur activité : Butler Capital Partner, le vaisseau amiral, que l’on dit en voie de séparation et dont le dernier investissement (Anovo) remonte déjà à … octobre 2011 ; son éternel rival, Caravelle, que l’on dit en voie de reconversion en family office et dont le dernier investissement (Mory) remonte à juillet 2011 ; Verdoso, de fait arrêté après quinze ans d’activité ; Fred, disparu avant même d’avoir pu prendre son envol, etc.
Et puis, il y a ceux toujours actifs mais qui se sont repositionnés : Perceva désormais investisseur dans les « situations fragilisées » (BPI, Supra, …) ; Vermeer, dont le dernier investissement (la Compagnie de Bel Air) en dit long sur le repositionnement ; Devoppement & Partenariat qui se positionne PME Cap-dev et a embauché Eric Pencreac'h (ex Omnes PE) ou encore HIG, spécialiste mondial du turnaround dans le dur, mais qui investit en Europe chez Altea, ex-branche alumine de spécialités de Rio Tinto ou dans les parcs de loisirs à thème. Jusqu’au FCDE qui explique très clairement sur son site que sa vocation est de « financer le rebond et le développement de PME à fort potentiel. A l'inverse, les entreprises ayant des difficultés structurelles et dont le redressement éventuel passe par des opérations lourdes de restructuration industrielle et sociale (opérations dites de « capital retournement ») ne sont pas dans le champ du FCDE. Ces entreprises, dont les difficultés ne sont pas conjoncturelles mais structurelles, ne peuvent être financées par le FCDE qu'une fois leur retournement déjà bien engagé. A cet égard, le FCDE n'investit pas dans un contexte de redressement judiciaire ». Au moins, c’est clair.

Pincez-moi, je rêve ! Ou plutôt, je cauchemarde ! Jamais je n’ai vu autant de dépôts de bilan ou de cessations d’activité dans les journaux. Jamais on n’est venu autant de fois me consulter qui pour accompagner un PSE, qui pour remplacer un patron qui craque devant l’ampleur des dégâts, qui pour redresser l’activité … quand ce n’est pas tout simplement pour la fermer. Et ceux qui avaient fait vœu d’en faire leur métier, qui en avaient l’expérience établie (France Champignon, Lamberet …) et qui avaient levé des fonds pour le faire, se retirent, sur la pointe des pieds, ou vont investir cet argent ailleurs. Remplacés par zéro, rien, zilch et nada !

Et qui va-t-il rester pour faire repartir ces entreprises en difficultés ? Créer l’Osiatis ou le Benalu de demain ? Des reprises à la barre sous forme de build-up industriels ? Allons… Tout le monde sait bien quelles étapes suivent « les reprises à la barre sous forme de build-up industriels ». Resteront les capitaux chinois pour éviter la disparition de ces marques, de ces réseaux, de ces emplois.

Certains invoqueront l’état de délabrement avancé des cibles lorsqu’elles arrivent au TC ; d’autres la protection exagérée des créanciers ou des anciens actionnaires, c’est selon ; un troisième y verra l’irresponsabilité des « partenaires sociaux », récemment confirmés dans leurs délires par les amnisties parlementaires. Au final, le constat sera le même : il n’y a pas d’argent pour les entreprises en difficulté.

Camarade de l’ARE, camarade du retournement, camarade investisseur à risque (à vrai risque), camarade avocat aux nombreuses idées fertiles, mobilise-toi, donne tes idées, refaire partir une boîte après qu’elle a mis un genou à terre est sans doute la plus belle preuve de notre utilité. Financière, sociale et… humaine.

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Thierry Grimaux
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