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Né dans l'idée de concurrencer les ascensoristes établis, tels Otis, Schindler, Kone et Thyssen, WeMaintain finit par s'adosser à l'un d'entre eux. Après un premier tour à deux chiffres mené par Red River West, en 2021, suivi d'une levée de 20 M€ deux ans plus tard, auprès du meneur MTR Labs, CVC de la société d'exploitation du métro de Hong-Kong, le groupe ADP et la banque publique italienne CDP, le prestataire de maintenance rejoint Otis, sur une valorisation de 300 M€ d'après une source proche du dossier. Le groupe coté remporte un processus dual track disputé face à ses principaux concurrents et des fonds américains et asiatiques, mené par la banque d'affaires Alpha Capital Partners. L'acquéreur prend 80 % du capital, devant deux des trois co-fondateurs, Benoît Dupont, Jade Francine, et une poignée de managers restant opérationnels, avec une clause de sortie inférieure à cinq ans. La marque WeMaintain sera conservée.
Sortie de l'ensemble des historiques
« Le dual track a été mené depuis un peu plus d'un an. Nous avons été approchés par d'autres gros ascensoristes. Étant un ancien d'Otis, Benoît Dupont a émis l'idée de leur proposer. Cette opération d'envergure entre Hong-Kong, la France, les États-Unis et le Royaume-Uni était aussi très complexe avec un acteur coté au NYSE », précise Marc Oiknine, associé chez Alpha Capital Partners. La transaction matérialise la sortie de l'ensemble des investisseurs historiques mais aussi du troisième co-fondateur Tristan Foureur, qui a quitté la société il y a deux ans tout en demeurant actionnaire. L'entreprise qui a opéré un amorçage d'1,8 M€ en 2019 et un tour de 7 M€ l'année suivante était soutenue par Eurazeo, jusqu'ici actionnaire minoritaire de référence, mais aussi Spice Capital Partners, Financière Saint James, Raise Ventures, Bpifrance Digital Venture, le suisse Verve Ventures et des business angels.
30 M€ de chiffre d'affaires
La start-up, dont le modèle original reposait sur une place de marché mettant en relation des techniciens indépendants et des syndics d'entreprises ou résidentiels, a pivoté en 2020 vers un modèle de prestataires de maintenance, s'ouvrant à une nouvelle typologie de clients, des grands comptes du transports de l'hôtellerie. Ses techniciens s'appuient sur les capteurs, objets connectés et le logiciel Saas de gestion développé en interne pour opérer leurs interventions. Employant désormais ses équipes en propre, assistées par sa technologie propriétaire, elle s'est depuis ouverte à de nouveaux marchés. « Nous nous sommes peu à peu développés et avons élargis notre offre sur la sécurité incendie, les portes automatiques et les escalators, pour aller au-delà du simple résidentiel. Nous nous sommes surtout démarqués à l'étranger, avec nos ouvertures à Londres en 2020, à Singapour l'année suivante, et à Hong-Kong dans le sillage de notre série B. L'international représente désormais 80 % de notre activité », relate Jade Francine, installé à Hong-Kong depuis un an et demi, avec Benoit Dupont. WeMaintain emploie 350 personnes, dont 110 à son siège parisien et 120 au Royaume-Uni, son principal marché, et génère 30 M€ de chiffre d'affaires selon nos informations. Elle travaille avec des clients tels que BNP Paribas Real Estate, Groupama Immobilier, Accor, AG2R La Mondiale, Allianz Real Estate, WeWork, Klépierre, MTR et ADP. Salariant 72 000 personnes, Otis génère 13,3 Md€ de revenus.








