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Depuis 2020, Pennylane lève des fonds une fois par an au moins. La fintech développant des logiciels de gestion et de comptabilité pour les experts-comptables et leurs clients TPE-PME débute 2026 avec un tour de 175 M€, uniquement en cash-in. Le californien TCV et le new-yorkais Blackstone Growth mènent l'opération, suivis de certains actionnaires existants, Sequoia, DST Global, Capital G et Meritech. « En début d'année dernière, notre plan n'était pas de relever, assure Félix Blossier, l'un des co-fondateurs. TCV et Blackstone faisaient partie des investisseurs avec qui nous avions des points réguliers, et ils nous ont fait une offre en fin d'année, en insistant pour préempter un éventuel nouveau tour. » La valorisation post money s'établit à 3,6 Md€ via une nouvelle dilution inférieure à 5 % de l'actionnariat. Un volet secondaire doit accompagner cette augmentation de capital, au profit des salariés intéressés et d'un VC historique pour une part minime de sa participation. L'éditeur franchit la barre des 400 M€ levés depuis ses débuts.
Valorisation multipliée par 1,8 en dix mois
Si elle multiplie par 1,8 la valorisation en dix mois, l'entrée de ce duo modifie peu l'équilibre capitalistique ou la gouvernance. « Les fondateurs gardent le contrôle, grâce à des actions de préférence leur donnant la majorité des droits de vote. Il s'agit du premier des dix engagements de notre charte déposée en 2024 et visant notamment à rassurer les cabinets d'expertise-comptable. Celle-ci stipule par ailleurs que nous n'avons pas l'intention de vendre un jour notre entreprise », rappelle Félix Blossier. Déjà actionnaire, comme DST, de Qonto, autre fintech française ciblant les PME et en partie concurrente de Pennylane, TCV a dû montrer patte blanche en rappelant que des équipes différentes suivraient ces deux participations et qu'il ne siégeait pas au conseil d'administration de Qonto.
115 M€ d'ARR
Les chiffres de Pennylane, lauréat en octobre du prix Scale-Up des CFNEWS TECH AWARDS, montrent une accélération de la hausse d'activité, puisque le nombre de TPE-PME utilisatrices comme celui des salariés a doublé en ordre de grandeur, à 800 000 et bientôt 1 000 respectivement. Quelque 6 000 cabinets d'expertise-comptable sont désormais clients, pour un ARR (chiffre d'affaires récurrent annuel) s'élevant à 115 M€ en décembre alors que l'entreprise serait « assez proche de l'équilibre. » Si la dynamique de la loi imposant aux entreprises de recevoir des factures électroniques en septembre 2026, et d'en émettre en septembre 2027 semble évidente, « la prise de conscience des TPE-PME sur ce point reste encore assez limitée », selon le dirigeant, contrairement à celle des experts-comptables.
Essor européen
Concentré sur son marché domestique encore lors de la levée précédente de 75 M€, l'éditeur estime avoir passé un cap lui permettant d'initier un développement européen. Il vise d'abord l'Allemagne, plus gros marché du continent, où il a commencé à recruter, entre Munich et Berlin, une équipe commerciale d'une vingtaine de personnes. À Paris, dont la moitié de l'effectif travaille en R&D, de la ressource est libérée pour développer la solution allemande, avec la volonté de proposer un logiciel complet de comptabilité et de gestion financière, connecté aux outils de caisse notamment. La commercialisation a débuté en fin d'année. La licorne tricolore réfléchit à un lancement dans un troisième pays en 2026. Ayant déjà testé la croissance externe en rachetant Billy, la licorne tricolore se donne les moyens avec ce tour de renouer l'expérience, en France comme à l'étranger. Aucune opération n'est cependant étudiée à ce stade.







